Une seule application pour apprendre l’espagnol ne suffira pas : chacune entraîne un muscle différent. Duolingo pose un socle, Busuu fait corriger tes exercices, MosaLingua ancre le vocabulaire.
On en passe sept au banc d’essai, forces et limites comprises. Avec un critère que les classements oublient : le temps que tu passes réellement à parler.
Un hispanophone en face, gratuitement
Le comparatif en bref
Chaque app du comparatif fait bien une chose précise. Le tableau dit à quoi chacune sert le mieux.
- Duolingo : Démarrer de zéro, dix minutes par jour, gratuitement.
- Babbel : Suivre des leçons structurées, avec des dialogues du quotidien.
- Busuu : Faire corriger tes exercices par des hispanophones.
- MosaLingua : Retenir du vocabulaire à long terme, par répétition espacée.
- Memrise : Habituer ton oreille avec des vidéos de natifs.
- SpanishDict : Vérifier un mot ou une conjugaison en deux secondes.
- PalVivo : Parler espagnol avec un humain, en appel vidéo hebdomadaire.
Aucune ne fait tout, et c’est normal : une app est un outil, pas une école. Le piège : demander la conversation à celle qui enseigne le vocabulaire.
Le banc d’essai, app par app
Sept fiches, sept verdicts. Chacune donne le profil servi, le point fort, et la limite que la fiche officielle ne dit pas.
Trois critères par fiche : ce qu’elle fait travailler, ce que donne le gratuit, ce qui manque encore. Le rang compte moins que la combinaison.

Duolingo
Pour qui : les grands débutants qui ont besoin d’un jeu pour tenir. Les leçons durent quelques minutes, la série quotidienne motive, la version gratuite affiche de la pub.
Au menu : traduction, écoute, répétition au micro. L’app fait revenir tes erreurs jusqu’à ce qu’elles passent, et la série quotidienne transforme la révision en réflexe.
Super Duolingo retire la pub et le plafond quotidien de questions, sans toucher au contenu des leçons. Commence gratuit : le cours est le même.
Les ligues et les défis hebdomadaires entretiennent la motivation. À double tranchant : certains jours, tu joues plus que tu n’apprends.
La limite : des exercices à réponse fermée, qui récompensent la régularité plus que l’expression. Duolingo pose de bonnes bases, et bute sur quatre limites bien identifiées.
Babbel
Le point fort : une progression par thèmes, avec des dialogues enregistrés proches du quotidien. Pour qui : ceux qui veulent un cours construit sans prof. La limite : tu répètes des phrases prévues, jamais les tiennes. Abonnement payant, résiliable au mois.
Les explications de grammaire sont rédigées en français, un vrai confort quand le subjonctif espagnol débarque. Chaque leçon recycle le vocabulaire des précédentes, et l’outil de révision reprend les mots vus à intervalles espacés.
Busuu
Tu rédiges ou enregistres un exercice, des membres hispanophones de la communauté le corrigent. C’est le meilleur pont entre une app et de vrais locuteurs.
Le parcours suit les niveaux du CECRL, de A1 à B2, avec un plan d’étude qui cale tes séances. La correction va dans les deux directions : tu corriges aussi ceux qui apprennent le français. Et tu mesures, au passage, tes propres progrès. Encore faut-il entrer au bon palier : place-toi d’abord sur l’échelle, deux minutes à voix haute suffisent.
La limite : la correction arrive après coup, pas pendant que tu parles. L’échange en direct, avec ses réactions immédiates, manque toujours.
MosaLingua
Pour qui : ceux qui perdent leurs mots faute de les revoir. Les cartes reviennent au moment où tu allais oublier, selon la répétition espacée. Redoutable pour le vocabulaire, inutile pour la conversation.
La méthode vient d’une équipe francophone et vise nos pièges : faux amis, r roulé, accent tonique. Les listes se classent par situations, du voyage au travail, avec un audio enregistré par des natifs. Leur principe : le vocabulaire le plus fréquent d’abord, celui qui couvre l’essentiel des conversations courantes.
Memrise
Pour qui : ceux qui lisent l’espagnol mais ne comprennent pas les gens. Les phrases sont prononcées en vidéo par des locuteurs natifs, à vitesse réelle, avec les accents d’Espagne et d’Amérique latine.
Sa marque de fabrique : des clips tournés dans la rue, où de vrais passants prononcent la phrase étudiée. Tu entends le même mot dit par plusieurs voix, avec les mots avalés et la vitesse du quotidien.
La limite : tu écoutes beaucoup, tu produis peu.
SpanishDict
Le couteau suisse du lot : dictionnaire, conjugueur et exemples en contexte, gratuits et rapides. La limite pour un francophone : l’interface passe par l’anglais.
Tape un verbe : il ressort conjugué à tous les temps, avec des phrases d’exemple tirées de vrais textes. Des quiz de conjugaison complètent le dictionnaire, sans compte ni paiement.
PalVivo
Pour qui : ceux qui ont des notions et aucune occasion de les dire. L’app PalVivo te met face à un hispanophone en train d’apprendre le français, une fois par semaine, en vidéo. Chacun travaille la langue de l’autre.
Trois questions suffisent : tes langues et ton niveau, tes centres d’intérêt, tes disponibilités. L’app trouve le partenaire et propose l’heure, vous confirmez chacun de votre côté. Le tout gratuitement.
Et la vidéo change la compréhension : tu vois les gestes, les lèvres, la moue qui accompagne un mot inconnu. Une phrase perdue à l’audio devient claire à l’image.
La limite : ni vocabulaire ni grammaire. PalVivo ne t’enseigne pas la langue, et un appel par semaine ne remplace pas dix minutes quotidiennes. C’est la brique pour parler, à mettre à côté d’une brique pour comprendre.
Application gratuite ou payante : ce que tu obtiens vraiment
Version gratuite d’abord, toujours. Duolingo, Busuu, Memrise et SpanishDict couvrent déjà des mois de progression sans sortir un dollar.
- Duolingo : Tout le cours, avec de la pub et un nombre de questions plafonné chaque jour sur mobile.
- Babbel : La première leçon de chaque cours, pour goûter la méthode.
- Busuu : Les leçons jusqu’à A2 environ, corrections communautaires comprises. B1 et B2 sont payants.
- MosaLingua : Un essai de 7 à 15 jours, carte demandée, puis environ 60 à 70 € par an.
- Memrise : Les leçons de base et une partie des vidéos de natifs. La bibliothèque complète et la pratique orale illimitée sont payantes.
- SpanishDict : Tout : dictionnaire, conjugueur, quiz.
- PalVivo : Tout : les appels et le test de niveau.
Payer sert dans deux cas : couper la pub qui hache tes sessions, ou débloquer un programme complet type Babbel. Chaque app affiche ses prix, compare-les au temps que tu y passes vraiment.
Regarde aussi comment on te facture : le prix par mois affiché suppose souvent douze mois payés d’avance. Le vrai prix, c’est le total de l’engagement.
Tu cherches plutôt un cadre avec un humain qui te suit ? Ce ne sont plus les apps qu’il te faut : direction les cours d’espagnol en ligne.
Le critère qu’aucun classement n’affiche : tes minutes de parole

Fais le test ce soir. Après ta session, compte les phrases que tu as construites toi-même et dites à voix haute. Le total tient souvent sur une main.
Les classements comparent les catalogues de leçons, jamais ce critère-là. C’est pourtant le seul qui dit si tu sauras tenir une vraie conversation.
Chaque app du banc d’essai peut pourtant devenir un entraînement oral, si tu l’utilises autrement. Rien n’interdit de dire tout haut ce que l’exercice demande d’écrire.
Un appel de trente minutes inverse le compte. Chaque blanc te pousse à construire la phrase suivante. Ton interlocuteur attend une réponse, pas une case cochée.
Et compte-les vraiment : note chaque soir le nombre de phrases dites en espagnol. Une courbe qui monte motive plus durablement qu’une série d’app.
Situer ton point de départ prend deux minutes : trois questions, une réponse parlée, un niveau CECRL au bout.
Ajoute des minutes de parole à ta semaine
Voyage, conversation, zéro de départ : par où commencer ?
Tu pars de zéro : Duolingo ou Babbel suffisent pour commencer. Quelques semaines de socle, et tu peux te lancer à l’oral. Pour la suite, beaucoup de ressources restent gratuites : chaînes YouTube, podcasts, sites de cours.
Tu prépares un voyage : MosaLingua fait retenir les mots qui servent. Et garde Memrise pour l’oreille : les annonces de gare ne parlent pas comme les manuels.
Ton objectif est la conversation : associe une app d’exercices à des appels réguliers. Parler s’apprend en parlant : la révision prépare le terrain, seul l’échange entraîne.
Tu veux un objectif clair : vise une conversation simple à trois ou six mois, à vingt ou trente minutes par jour. Le B1 du CECRL se gagne plutôt sur une année.
De l’app à une vraie conversation
Les sept apps du banc d’essai t’amènent au bord de la conversation. Un appel vidéo chaque semaine transforme ce qu’elles t’ont fait mémoriser en phrases dites, entendues, comprises.




